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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 08:32

Société

 

De l’antisémitisme

       

       “L’antisémitisme n’est pas un problème juif : c’est notre problème.”. En caractères majuscules, cette sentence illustre la couverture du dernier numéro de Télérama. Cette phrase de bonne volonté, et dont Jean-Paul Sartre lui-même est l’auteur, n’en est pas moins une sottise. Désirant désamorcer l’antisémitisme, elle prend le risque de l’exacerber. Qui chercherait à jeter de l’huile sur le feu ne s’y prendrait pas autrement.

            Notons en effet l’opposition, étrangement marquée, et que sans doute l’on voudrait nier, entre “eux” et “nous”. Qui est cet “eux”, différents de “nous” ? Ce sont les juifs. En quoi consiste cette différence ? En ceci : nous avons un problème. Pas eux. L’antisémitisme, selon Sartre, n’est pas un problème qui se pose (et s’impose) aux juifs. L’antisémitisme, tout simplement, ce n’est pas leur problème. C’est en revanche le nôtre. Le nôtre à leur égard. L’assertion de Sartre : “L’antisémitisme est notre problème” est donc une proposition vraie.

            Question : Est-il possible pour autant que ce problème, lequel nous turlupine à leur sujet depuis quelques millénaires, ne soit pas aussi celui des juifs ? Le leur véritablement, au sens qu’ils ont à tenter, tout comme nous, de s’efforcer d’y apporter une réponse ? En termes simples, y seraient-ils aussi pour quelque chose, voire un tout petit quelque chose, dans la question qu’ils nous posent ? Une question qui, de se voir simplement formulée, explique sans mystère des faits sociaux millénaires. A savoir : comment les juifs peuvent-ils se montrer fraternels aux autres humains quand, se constituant rituellement, biologiquement et juridiquement comme peuple séparé, ils revendiquent un destin différent de celui des autres humains ?

            Je ne suis pas certain que nos amis juifs se montrent satisfaits de s’entendre dire, fût-ce par Jean-Paul Sartre, que l’antisémitisme n’est nullement leur problème. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, désireux de soulager l’âme juive, notre philosophe va plus loin. La thèse qu’il expose dans son ouvrage “La question juive”, soutient tout simplement que “le juif” n’existe pas. N’est en somme qu’une construction de notre esprit. Notre bon samaritain tue symboliquement la victime qu’il désire consoler.

            Notre problème, -notre problème commun-, se tient dans l'énoncé de la question indiquée plus haut, que nous avons refoulée.

 

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Published by Le marquis de St-just - dans société
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