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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 10:13

Société

 

La personne ou la vie

 

          Au commencement était la horde. “La horde primitive”, imagine Freud. Le chef exerçait son empire. Le mâle dominant. Le plus musclé, le plus redoutable de la bande. Le chef absolu. Lui seul avait le droit, comme chez les cervidés, de s’approcher des femmes. Les fils se révoltèrent, s’allièrent, firent la peau au père, crièrent victoire. Jusqu’à découvrir qu’ils se trouvaient désormais en situation de rivalité. De rivalité structurelle. Comment allaient-ils se partager les femmes ? Eviter un conflit fratricide permanent ? Afin de survivre, les humains eurent une idée. Etablir un pacte. Ils inventèrent la loi. L’interdit du moins qui fonde la loi : “Tu ne tueras point”. Nécessaire devint l’échange de paroles. Le principe du droit était posé. Un principe arbitraire, mais assurément efficace. On lui doit la survie de l’espèce humaine. Ce pacte donc préserva la vie. La vie du humaine du moins. L’être humain parmi tous les vivants étant le seul qui, en droit, ne puisse être tué. La religion y poussant, cet interdit devint un principe sacré. A savoir intouchable. C’était le piège. On idolâtra la vie. Sans considération pour les conditions de son existence. Celles-ci entraînassent-elles la souffrance, la déchéance, l’insignifiance, l’humiliation de la personne humaine. On s’entêta. La loi fondamentale, “Tu ne tueras point”, s’accompagne aujourd’hui encore, dans la pensée de certains, d’un terrifiant corollaire : Qu’importe la personne pourvu qu’on ait la vie”. Quelque chose semble s’être déréglé au royaume du sens.

 

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Published by Le marquis de St-just - dans société
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