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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 09:15

Littérature

 

Sade

 

            Je me défends mal d’éprouver un certain sentiment d’aversion à l’égard des femmes qui se délectent à la lecture de Sade, fussent-elles au demeurant intelligentes et charmantes. Tel est le cas de cette jeune personne d’origine iranienne, belle comme un cœur, que j’aperçois ce matin dans le cadre du petit écran. Ses grands yeux noirs s’illuminent tandis qu’elle nous fait part de l’admiration qu’elle voue à la prose du divin marquis.

            Une nouveauté de sentiment se produit en moi, je dois le dire, lorsque j’imagine cette jeune femme lisant sous le voile, au pays des ayatollahs, “Justine ou les malheurs de la vertu”. M’apparaît le sentiment de jubilation, voire de délivrance que peut susciter une pareille lecture dans le contexte d’un régime oppressif.

            L’œuvre de Sade est à comprendre comme écrite sous le regard de la divinité. Sous le regard d’un Dieu imaginaire qui n’existe pas mais que ses affidés présentent comme un Dieu tout puissant, omniscient, créateur et bon. Sade, en ce qui le concerne, juge l’arbre à ses fruits. Juge le Créateur à l’aulne de sa création. Montre la turpitude dont est capable la créature humaine, son chef-d’œuvre. La vie du marquis témoigne d’une sorte d’héroïsme. Une sorte de protestation, au péril de sa vie, contre ce qu’il ressent comme la violence d’un pur mensonge. Son œuvre est à lire comme la jubilation d’un blasphème proféré au sein d’un sanctuaire.

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Published by Le marquis de St-just - dans littérature
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