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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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"Blade Runner"

Cinéma

“Blade Runner”

 

            Après le désastre de la dernière guerre mondiale (celle-ci atomique), tous les animaux de la création des plus gros aux plus petits ont disparu de la surface de la terre. Quelquefois, par hasard, il arrive que l’on en découvre un spécimen encore vivant : chèvre, mouton, crapaud ou araignée. Les humains qui survivent autour de San Francisco se les arrachent à prix d’or. Quitte à s’apercevoir, au bout de quelque temps, que l’animal chéri, chèrement acquis, est en fait artificiel. Le produit d’une très haute technologie.

            La Fondation Rosen, qui gère la plus grande usine de fabrication de robots de l’univers, n’est pas seulement capable d’un pareil exploit. Elle a également su fabriquer des robots androïdes, donc en tous points semblables aux humains, en particulier aussi intelligents. A cette seule différence près qu’ils ne possèdent aucunement le sens de l’empathie (cette faculté d’imaginer ce que ressentent les autres. Autrement dit de compatir). Ces androïdes (ou humanoïdes) ont été fabriqués en grand nombre pour servir à la colonisation de la planète Mars. Celle-ci en effet, non contaminée par les explosions nucléaires, offre des conditions de vie favorables. En grand nombre, les survivants de San Francisco qui en ont les moyens font le choix d’immigrer. La nouvelle par malheur est tombée : huit androïdes de la nouvelle génération se sont échappés de Mars et sont revenus sur la Terre. Un commando spécial a aussitôt été constitué pour rechercher ces androïdes délinquants et leur faire la peau. Ces policiers tueurs sont appelés des “blade runner”. Ils sont rémunérés grassement. Mais seulement à proportion des résultats obtenus.

            Dans cette chasse implacable aux robots humanoïdes, c’est l’amour qu’il porte aux animaux vivants qui motive Rick Deckard, notre héros “blade runner”.  En effet, le mouton qu’il élevait sur la terrasse de sa maison a cessé de fonctionner. Il le croyait vivant, ce n’était qu’une machine ! S’il parvient à décrocher la prime, enfin aura-t-il les moyens de le remplacer, de s’acheter cette fois, croit-il, une vraie chèvre. Telles sont les données qui composent l’intrigue de ce film qui sont d’ordre satirique. Tel est aussi le schéma du ressort romanesque, lequel est ironique. Les amateurs de spectacles d’action ou de récits faits d’images apprécieront les péripéties, les anecdotes et les voltiges en allant voir la seconde version de ce film qui paraît sur les écrans. Ils en auront plein les oreilles et plein la vue. Tel a été mon cas, l’autre soir, en regardant à la télévision le premier film tiré du livre “Blade runner” ! Soit le film de Ridley Scott, sorti en 1982, auquel, devenu sourd, je n’ai rien compris. Je n’y ai vu en gros qu’une suite de cascades laborieuses et bêbêtes.

            Colette, magicienne,  du coup m’a fourgué dans les pattes le livre original de Philippe K. Dick : “Blade runner”, paru en 68 dans la collection “J’ai Lu” ! Et j’ai découvert un grand livre. Non seulement un livre intelligent qui résonne avec les questions de notre temps, mais un livre prophétique qui anticipe un monde technicisé vers lequel, de façon inéluctable, semble-t-il, nous allons. Le dieu lui-même (avec lequel l’on peut entrer en “fusion” à l’aide d’une boîte à “empathie”) finalement jette l’éponge :

“Il n’y a point de salut

On te demandera de faire le mal où que tu ailles.”

Avoir à violer sa propre identité, c’est le fondement de la vie.”

C’est la défaite de la création”. (p.184)

 

            N’allez pas voir les films, lisez le bouquin. Un ouvrage à ranger entre Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley et 1984 de Georges Orwell.

Octobre 2017

 

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