Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Société Gens
Poor lonesome cow-boy.
Richard est venu dîner. Ainsi nous fîmes sa connaissance. Un grand gaillard de 50 ans, type nordique, petit foulard communard, Santiags, queue de cheval poivre et sel. Il venait pour qu'on parle du livre. De son livre. Une thèse de 800 pages sur les luttes paysannes du Larzac au siècle dernier. On parla peu du livre. L'éditeur, en faillite, s'était enfuit au Vénézuéla.
On parla du monde. L'homme avait voyagé. Enfance en Irlande. Long séjour dans le Kentucky. Traversée de la Chine pour se rendre au Tibet. S'était marié une première fois en Australie. Une seconde fois en Camargue. La gueuse l'avait trompé avec un toréro portugais . Il le tua. La conversation fut fort riche. Notre hôte était savant.
Nous l'avons raccompagné vers minuit jusqu'à sa monture. Il l'avait attachée au poteau de sens interdit, juste au bas de l'immeuble, à deux pas du dancing. Elle semblait l'attendre. La selle avait été enlevée. Par prudence. Puis arrimée solidement au cadre, à l'aide d'un mécanisme approprié. Il déverouilla ensuite un cadenas monstrueux, fait d'acier au tungstène. Puis le déposa dans un petit panier carré de métal blanc qui servait de porte-bagage. On y aurait bien vu, sagement assis, un petit caniche au poil frisé. Ou le cadavre d'un coyotte suggéra Carla. D'un étui de cuir noir, cherché au fond de sa musette, notre ami retira un objet étrange, qu'il fixa d'un déclic au garde-boue arrière : le catadioptre. "C'est pratique, commenta-t-il, ça ne prend pas plus d'un quart d'heure." Richard enfourcha sa haute bécane d'une jambe leste, façon cavalière ; nous nous saluâmes. Et nous le vîmes s'éloigner lentement dans le frais de la nuit sous la lune, s'en allant vers le sud......
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