Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Par Le marquis de St-just
Société
15 Août
Pas un bruit. Pas un remuement. Rien ne bouge. Pas même, comme une ombre qui passe, le ronflement lointain d’un moteur. Ni même le zézaiement d’une mouche. Depuis longtemps, en Occident, elles ne sont plus. Ploum s’avise de l’étrangeté du silence. De sa massivité. Il flaire une anomalie. Qu’arrive-t-il ?
Ploum laisse tomber son livre. S’avance à pas prudents vers la fenêtre. L’ouvre. La ville est vide. Il se souvient que ce jour est le jour du 15 août. Il l’avait oublié. Les humains ont abandonné la cité. Se sont donnés le mot. Se sont retrouvés au petit matin sur les routes. Sans doute y sont-ils encore. Laissant à Ploum ce superbe cadeau : une ville comme on en voit jamais. Spacieuse. Silencieuse. Aérée. Des maisons qui se montrent sous un jour nouveau. Des places de stationnement disponibles partout. La ville d’hier. Celle de demain ? Avec son Yashica neuf (résolument argentique) Ploum prend des photos. Des images de ce que personne n’aura vues.
Ploum soudain est triste. Il a vu un passant. Un passant gris. Qui s’avance lentement. A la ville grande ouverte se substitue le désert de la ville. Miroir tragique des grandes solitudes.
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