Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Par Le marquis de St-just
Société
L’arrivée de Gustave
Gustave n’est pas l’oncle turbulent, mais en somme sympathique, voire généreux, dont on redoute la venue. Pas le tonton pittoresque, un rien dandy, dont les propos bousculent les convictions de la famille. Dont les comportements mettent sans dessus dessous l’ordonnance de la maison, à la plus grande joie des enfants. N’était-il pas accompagné, à son dernier passage, d’une jeune créature coréenne, joliment tatouée, et récemment convertie à l’Islam ? Ce qui nécessitait qu’au repas l’on se passe de jambon, et que l’on déploie cinq fois le jour un tapis de prière dans le coin du salon ?
Eh bien, non. Gustave n’est pas une personne. C’est le nom que l’on donne pour se rassurer à une catastrophe naturelle qui s’annonce. On baptise pour humaniser. Ce furent d’abord les animaux de compagnie. La chatte se prénomme Solange. Le chien, Gilbert. Ce furent ensuite les bêtes sauvages. Edmond est un rhinocéros. Victor un alligator. Depuis quelques temps ce sont les Ouragans. On leur confère une âme. L’animisme n’est pas mort. L’âme du monde.
Je me sens à contre-courant lorsque j’appelle Carla, ma Louloute, ou ma Mésange.
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