Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Intime
Un émerveillement
Il me faut vous parler d’un émerveillement. Un émerveillement ? Alors que tant de tristes nouvelles parcourent aujourd’hui la planète ? Eh bien oui, un émerveillement. Il y en aurait d’autres, arrêtons-nous à celui-ci.
Il est un pays où chaque jour est offert en partage à qui veut l’entendre, et gratuitement, un moment d’échange philosophique dont la qualité suscite un sentiment d’admiration, de gratitude, et disons le mot : de fierté. Car ce pays où ce moment est donné au peuple est le nôtre.
L’émission « Les Chemins de la Connaissance » peut s’écouter chaque jour sur France-Culture à 17 heures précises. Consacrée cette semaine à une analyse des Pensées de Pascal, elle a atteint un rare degré de perfection. Cinq philosophes, remarquablement clairs et maîtres de leur sujet, se sont succédés pour affronter les interrogations pénétrantes de Raphaël Enthoven, lui-même philosophe. Un philosophe qui ose dire à l’intervenant : « Précisez, je vous prie, je ne comprends pas. » En l’espace de cinq entretiens c’est le fond de la pensée pascalienne (nouvellement revisitée) qui nous semble apparaître.
Je demeure sidéré en songeant à la somme de travail que suppose la conception, l’organisation, et le montage d’une telle série d’émissions. Et c’est par l’entremise d’un animateur surdoué, opiniâtre et gentiment respectueux que ce que nous propose ainsi France-Culture est de l’ordre du joyau.
Concernant la démarche qui sous-tend les Pensées, le jugement de Gilles Deleuze (dont on entend la voix) me paraît perspicace. En dépit de ce qu’il semble, la question de Blaise Pascal ne porte pas, selon lui, sur l’existence de Dieu. Mais sur celle de savoir comment vivre au mieux ici-bas : en se construisant un espoir, ou en y renonçant. Sans que Pascal puisse imaginer qu’une vie sans espoir pût être dynamique et paisible.
(Sur un plan autre que philosophique –et pour le dire trop brutalement, j’ai l’intuition que Baise Pascal est un enfant abandonné qui réclame éperdument sa maman. Il n’est certes pas le seul ; il n’en est pas moins grand.).
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