Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Littérature
Batya Gour
“Le meurtre du samedi matin”
Folio policier, Gallimard 1993
Un institut de psychanalyse. A Jérusalem. Un meurtre s’y produit. La victime, analyste estimée, devait le matin même tenir une conférence. Plancher sur un sujet de déontologie délicat. Celui du secret de la cure. Peut-on rompre le secret lorsque la vie d’un tiers est en jeu ? Une heure avant sa prestation, la conférencière est trouvée morte. Assassinée.
L’inspecteur Michaël Obayon mène l’enquête. Celle-ci, la chose est piquante, va être l’analyse policière (réussie) d’un institut de psychanalyse. Il fallait le faire. Rarement ne nous est donné, dans le cadre d’une fiction, de lire une description aussi fidèle du dispositif psychanalytique. Et, secondairement, d’entendre un écho aussi informatif de la société israélienne qui l’entoure. Un pays où la parole est libre.
La malice de Batya Gour, si l’on en croit le titre de ses ouvrages, est d’oser pénétrer les sanctuaires les plus respectables. (Meurtre sur la route de Bethléem, Meurtre au Philharmonique, Meurtre au Kibboutz, Meurtre à l’Université). Elle rejoint par là le cortège des grandes dames de la littérature policière. Notamment P.D. James.
Un dispositif institutionnel peut être irréprochable. Obéir à des règles rigoureuses. Les humains néanmoins ne sont pas des anges. Dans le fruit le plus sain le ver est logé. Les familles, les institutions, les sociétés les plus redoutables sont celles qui cachent leurs misères. C’est pourquoi l’impeccabilité des Grands Jeux de Pékin, l’été dernier, m’avait réfrigéré.
o