Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Ploum
Ploum consulte
De son trip au Larzac, Ploum est revenu en boitant. “Pas de casse, affirme le praticien. Une entorse. Gardez la chambre. Evitez la marche.” Ploum rassuré.
A demi rassuré. Une question le tenaille. Qu’est-il allé faire dans le Causse ? Olga avait raison. Un séjour au Club Med eût été moins scabreux. Ou, plus original, il aurait dû se joindre à un groupe de jeunes gens, dans l’Isère, et prendre part à la castration du maïs. En somme des vacances citoyennes. Oui, “Les traders aux champs !”. Mao naguère voyait juste. En vérité –soyons francs– le plus grand regret de Ploum est tout autre. Ce qu’il eût aimé faire, c’est une “randonue” dans le Gard. Se retrouver, quelques jours en été, “nudiste de grand chemin”.
Vains remords. Ploum ne se sent pas bien. Se faire sentir par Olga, ça irait déjà mieux. Elle est en Birmanie. (Mais que fait-elle, grands dieux, en Birmanie ?). Ploum revient à ses moutons. N’en avoir aperçu aucun dans le Causse l’obsède. Une obsession étrange. Elle en cache une autre. Ploum se préoccupe de sa santé mentale.
Du bas de l’étagère, il exhume un gros livre. “Névroses, Psychoses, Perversions.”. Il l’époussette. Lecture attentive de l’ouvrage. Obsession, hystérie, états dépressifs. Manie, mélancolie, paranoïa. –Un joli mot paranoïa. Moins distingué cependant que cet autre : schizophrène. (Ah ! Pouvoir dire à Olga : Savez-vous bien que je suis schizophrène ? Ajoutant discrètement : Et même un grand schizophrène ?) Fétichiste n’est pas mal non plus. Ça vous a un petit goût d’art premier. Voyeuriste ? Moins avouable. Ploum prend son pied. Se reconnaît dans tous ces symptômes. Jubile. Soudain se dresse et s’écrie Euréka ! Je suis un type normal. Un humain comme les autres. (En quoi sans doute n’a-t-il pas tort).
Aux dernières nouvelles, Ploum va bien. On l’a vu courir au Parc. Olga est rentrée.
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