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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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"Les aimants"

                                                                                                                                Littérature

 

Jean-Marc Parisis

“Les aimants”

Stock, 2009

 

            La mort de l’être aimé fait naître dans l’âme des questions métaphysiques. Pourquoi quelqu’un, puis personne ? “La disparition pure est inconcevable”, contraire à ce que l’on éprouve. Ava n’est plus. Elle semble encore là. Elle accompagne le narrateur dans les rues. Existe-t-elle encore ? L’homme s’interroge. Dans son malheur, détient-il la preuve de la survivance de l’âme ?

            Pour nous conduire à ce sentiment une histoire d’amour nous est contée. Une relation d’amour originale –très contemporaine “en marge des lois communes des autres couples”. Pendant plus de vingt ans les aimants vivent ensemble, mais séparés. Séparés dans l’espace et le temps. “De nous être séparés, médite le narrateur, nous nous sommes toujours retrouvés.”. “Cette vie, on peut le dire, fut idéale.”.

            Est-ce pour corroborer l’argument ? La relation n’inclut pas (on peut le regretter) les rapports charnels. On se méfie des corps. “On se foutait la paix avec l’amour”, lance le narrateur. La relation était affective, fraternelle, spirituelle. Ava n’en était pas moins “la femme de sa vie”. A présent la mort les sépare. Mais la séparation, ils connaissent. Demeure la relation d’âmes…

            Le petit roman de Jean-Marc Parisis laisse ainsi apparaître une idée claire. L’idée du processus par lequel l’être humain se fait une religion. D’où vient que l’on invente l’au-delà, le paradis, l’éternité, l’immortalité de l’âme ? N’est-ce pas pour refuser le non-sens, et prolonger le sentiment d’amour ? Le cheminement de cette pensée constitue à mes yeux l’intérêt dominant de l’ouvrage. C’est pour en montrer l’aspect démonstratif que j’ai accentué l’ossature du récit. Son côté “Mort, où est ta victoire ? ”. Son côté prêcheur. Celui-ci dissimulé dans une posture littéraire parisienne, non-conformiste et branchée.

            Le style est lui-même mélangé. On entend de temps en temps la frappe de la machine à écrire. En d’autres moments surgit une formule inspirée. Le ton se veut quelquefois voyou, d’autrefois poétique. “Je me marrais,” écrit-il. “Les cons sont partout”. “Le Pen et Mitterrand, du pareil au même.”. Mais aussi : “une moquette chauve”. “Un souffle de crotale au creux de la nuque.”. Ou : “On ne connaissait pas l’odeur de nos joues”. Ou encore : “Elle s’entendait bien avec le soleil car il se couchait loin d’elle ”. A côté de vulgarités, le récit abonde en trouvailles heureuses.

            En ce livre surtout : quelqu’un. Un homme touché par le deuil au profond de lui-même. En cela il est vous, il est moi. L’auteur avait une expérience personnelle authentique à livrer. Il l’a fait. On ne l’oublie pas.

                                                                      o
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