Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Par Le marquis de St-just
Intime
Arborescence
Août. Dans le tableau de la fenêtre ouverte, une arborescence. Seulement une arborescence, en ombre chinoise, sur un ciel gris clair. Les feuillages, comme les nuages, se lisent dans l’imaginaire. La scène me captive. Au centre gauche et en haut, de profil, est un coq. Un coq un peu déplumé au cou maigrichon. Il interroge, muet, le danseur au sommet : un grand singe filiforme et hirsute qui s’éclate en étoile, emplumé de ses feuilles. Ses longs bras levés font le V de la victoire. L’acrobate, en effet, triomphe. De ses jambes arquées, il se tient en équilibre sur le dos d’un bouquetin sauteur, à la queue empanachée. Le corps de celui-ci s’aligne sur le corps massif de l’ours qui le précède, bras devant, dans une course folle vers l’Ouest –qu’ils font mine d’apercevoir. Une cocotte énorme les poursuit, au croupion feuillu. Une poule trouvée là, peut-être échappée d’une œuvre de Chagall. L’ensemble, fragile, est géométriquement structuré et semble sonore. Ça braille dans la ramée, ça chante, ça ovationne. Cela forme l’instantané d’un éclatement général. L’immobilité muette d’une folie collective. En vain, d’une main malhabile, je m’efforce d’en tracer le dessin. Un coq, un ours, une poule, un bouquetin, un singe voltigeur : des figures de mon âme ? Mais ici la nature seule propose. Peut-être, ci-dessous, verrez-vous autre chose ?
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