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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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Chantier

Société

 
Chantier

 

            Le square, sous la fenêtre, a disparu. Les arbres, les fleurs, le gazon, la pièce d’eau, la statue, ne sont plus. Les arpenteurs, les géomètres sont venus. Puis les marteaux-piqueurs, les camions à benne. Table rase entre les hauts immeubles. Périmètre immense de terre brune en forme de long trapèze, ceinturé d’une palissade métallique blanche. Ombre des habitants aux fenêtres. Leur silhouette furtive aux balcons.

            Cylindres, cubes, parallélogrammes, entonnoirs, toupies géantes, appareils compliqués, blocs blancs des abris Algéco. Surfaces luisantes, rouges, bleues, vertes, oranges. Rouges surtout. Celles-ci striées de lignes droites entrecroisées : filins d’acier à la verticale, trait oblique d’un bras de grue vertigineux dressé vers le ciel, énorme crochet suspendu dans les airs. Le tout, dans le rectangle de la fenêtre, tel un tableau cubiste de Fernand Léger, dont les motifs, violemment secoués, constitueraient un inextricable chaos.

            Pourtant, à grands renforts de soupirs et de grondements, tout cela remue, ahane, travaille. Impeccablement. Sans heurts. Tranquillement. Sans arrêts. De 7 h du matin à 9 h le soir dans la neige et le froid. L’excavatrice, inlassable, percute le sol et le creuse. Les bulldozers, rageurs, aplanissent la terre, la refoule en tas. Les pelles mécaniques, de leur bras articulé (d’une agilité surprenante), emplissent la benne d’énormes camions. Ceux-ci sans interruption se succèdent et reçoivent leur chargement. La grue géante, montée sur un roulement chenillé, semble avoir le regard aveugle. En cet instant elle suspend dans les airs, à l’aplomb d’une tranchée, un tuyau de 30 mètres de haut. Puis l’y laisse plonger, jusqu’à le faire disparaître. Ce qui s’élabore en cet arsenal est l’enveloppe bentonitique de ce qui sera la coque d’un parking souterrain.

            Disséminés dans les zones concédées par les monstres, de petits personnages boudinés (au total dix au plus) se tiennent droits et par instant se font signe. Coiffés de casques blancs, chaussés de bottes, vêtus d’un gilet jaune fluorescent, ils semblent des bonhommes échappés d’un jeu de Playmobil que l’on offre aux enfants. A nos yeux, ils sont à vrai dire des géants. Les dieux d’un autre monde, assurés et tranquilles, qui savent ce qu’ils font, pourquoi ils le font.

            Carla et moi fascinés. Disons le mot : édifiés. Il nous faudra un jour, quelques bonnes bouteilles sous le bras pour assurer les libations, aller de plus près honorer les dieux.

                                                 excavatrice.jpg

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E
Sympa ton article.<br /> <br /> http://www.equipmtl.com/fr/construction/excavatrice<br /> <br /> Bonne journée
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J
<br /> Maintenant,je suis informée par un mail de chaque nouvel article ; c'est super !<br /> Bon,pour revenir sur ton dernier article concernant le port de la burqa ou du niqab, l'encre n'a pas fini de couler tellement le sujet est complexe ; je serais très gênée et peut-être même effrayée<br /> par la burqa ou le niqab, car comment parler à quelqu'un qui cache son visage, qui te voit sans être vu comme si nous n'étions pas du même monde.<br /> P.S. j'ai bien reçu le mail envoyé par Colette.<br /> <br /> <br />
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