Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Société
Le nombril à l'air
La chair des femmes est disponible. N'y touchez pas ! La peau des femmes est leur trésor. Leur atout, leur force de frappe, leur ornement. Elles le savent. Pauvres petites filles riches, elles n'y sont pour rien. Cela leur est donné. Pour quoi faire ? Attirer le mâle. La chose se passe ainsi dans la nature. Le biologique pour s'exercer requiert l'image. L'apparence visuelle. la mise en scène d'une parade. C'est connu.
En certaines sociétés, l'épouse dont s'approprie le mâle humain n'a plus à faire valoir ses charmes aux yeux des autres mâles. On l'enclôt dans les murs d'une maison. En sort-elle ? On la voile. On l'enveloppe de la tête au pied dans l'orbe protecteur d'une bourka. C'est d'une logique implacable. Paix des mâles à peu près garantie. Peur du rival apaisée. Spectre de la jalousie conjuré. Fin de la guerre des couteaux. Des civilisations l'ont compris. Des civilisations réputées aujourd'hui archaïques.
La femme est devenue une personne. Un personne à part entière. A l'égal des hommes. Elle vote, possède un compte en banque, dispose de son corps comme elle l'entend. Elle peut en jouer. Vérifier à tout instant qu'elle est désirable. Car de ce privilège, en réalité, elle n'est jamais sûre. Eût-elle la beauté d'Aphrodite. Et désirable, elle doit l'être désormais en tant qu'elle est une personne. Et non plus un corps qui attire.
La femme a dévoilé sa chevelure. Puis ses bras, ses épaules, ses jambes, la pemière rondeur de ses seins. Enfin, il y a peu, son nombril. En cela, elle respecte une loi du marketing et de la séduction : briller par l'éclat d'une subite nouveauté. On peut gager qu'elle montrera son pubis. C'est d'ailleurs déjà fait. Le drame, c'est que ce n'est pas en cela qu'elle désire être aimée. Elle veut l'être pour son intelligence, son esprit, ses qualités de coeur, son originalité. En somme en tant qu'elle est cette personne-ci, unique, préférée à toutes les autres.
Dès lors elle exhibe son nombril mais s'affuble, se fait moche, fait dans la faute de goût. Ne craint pas de paraître un informe boudin ou une pauvresse en chemise. C'est moralement qu'elle a son élégance. Le bourrelet de ventre et son mignon petit cratère vous excitent ? Vous n'y êtes pas. Ce n'est là pour elle qu'une livre de chair. Visez plus haut, voyez son âme. La gueuse est une reine, une reine inaccessible. Elle le souligne au besoin en perçant sa lèvre ou sa langue d'un piercing, petite pierre brillante protégeant la virginité de sa vie intérieure. "Bas les pattes, vieux cochon, laisse entendre la divine. je ne suis pas ce que tu crois." En quoi elle a raison.
Elle en fait un peu trop, dites-vous ? Semble ignorer qu'un regard, une silhouette, un tout petit arpent de chair suffit à mettre en feu le corps et l'âme d'un garçon ? Certes. Mais peut-elle s'abstenir de promouvoir son nombril, sous l'empire de la pulsion mimétique ? Et dans la rude concurrence du Marché ?
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