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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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La prise d'armes du capitaine Cocq

                                                                                             Art
 
La Prise d’armes du capitaine Cocq
  
            Rembrandt est un metteur en scène hollandais vivant à Amsterdam au temps de Louis XIV. Certains de ses tableaux sont d’un mouvement et d’une violence insoutenables. Tel celui intitulé “L’aveuglement de Samson”, qu’il faudrait interdire au regard des enfants, même des enfants d’aujourd’hui. Montrez leur de préférence la toile pudique de “La Fiancée Juive”, qu’ils observeront avec indifférence. Ils s’intéresseront davantage à la Prise d’armes du capitaine Banning-Cocq, plus connue sous le titre “La Ronde de Nuit”, l’un des tableaux les plus célèbres du monde. Le réalisateur anglais Peter Greenaway vient d’en faire un film. Il dure deux heures cinq. Au milieu de quelques spectateurs, Carla et moi nous venons de le voir sans une ombre d’ennui.
            Greenaway s’intéresse assez peu à la toile elle-même, même s’il en saisit justement l’esprit. Cette Ronde de nuit qui n’en est pas une est l’ouvrage spectaculaire d’un artiste adulé, superdoué, un rien effronté, qui se moque de son monde, en particulier de ses commanditaires. Elle ne livre qu’un aspect second du caractère du maître hollandais. Ce que vise à montrer le réalisateur ce sont les conditions de production de l’œuvre. Les pressions en tous genres qui entourent l’activité du peintre, d’un peintre lorsqu’il répond à une commande publique ou privée. Et sous-jacent (sans doute) celle que doit affronter un metteur en scène de théâtre ou de cinéma de nos jours. Un propos assurément non dépourvu d’intérêt, qui cependant peut décevoir l’amateur de peinture. Qu’en est-il en effet, en tous ces démêlés, du génie du peintre ? De sa gravité, de sa perception du tragique, de son art de peindre les élans, les peurs, les ambiguïtés, les scintillements de la pensée dont s’animent les corps ?
            Seul les évoquent le remarquable acteur anglais Martin Freeman qui tient le rôle du peintre en sa maturité, et qui, physiquement, et singulièrement lui ressemble –surtout si l’on garde en mémoire le portrait à l’eau-forte que le peintre fit de lui-même à l’âge de 23 ans. Savoir donc que l’art de la peinture n’est nullement l’objet du film. Cette œuvre de Peter Greenaway, esthétisante et belle, est avant tout et c’est fort légitime la prise d’arme d’un cinéaste nommé Greenaway.
            Mon voeu secret serait qu’un jour, cette fois autour d’une toile de Malevitch (par exemple “Carré blanc sur fond blanc”) ce cinéaste doué nous produise une Ronde nouvelle.
                                                                      o                                                                                            
 
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