Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Intime
En Mai, fais ce qu’il te plaît…
Nous aurions aimé, Carla et moi, voyager dans les Pouilles. Le nom nous attire. Et puis Jacques et Isabelle nous écrivent que c’est bien. Et puis, cela nous aurait bottés de faire un bond en Calabre (Tarente, Sybaris, la Montagne, le Détroit...).
Après mûre réflexion nous décidons, Carla et moi, de partir pour le Cézallier. Une coquetterie. Vous ignorez, évidemment, où se trouve le Cézallier. Le Cézallier, en France, c’est comme le Liechtenstein en Europe. Personne ne sait où le situer sur la carte. Ne comptez pas sur nous pour vous indiquer où se trouve cette contrée. Nous vous l’indiquerons après.
Pierre Jourde, l’écrivain, en est lointainement originaire. Précisément d’un hameau isolé. Selon lui : “un non lieu”. De ce désert, il a cependant écrit un beau livre. Intitulé Le Pays perdu. Ce qui donne l’envie de le retrouver. A part quelques vaches on n’y rencontre personne. Nul besoin donc (mais qui sait ?) d’en apprendre la langue. Motivation déterminante pour se risquer à courir l’aventure. (La dernière peut-être, si l’on en croit les augures, avant de devenir pauvres). Si nous en revenons sains et saufs, nous donnerons des nouvelles.
En Mai, comme dit le proverbe, fais ce qu’il te plaît. Or donc, Moteur ! (A suivre)
Vers le pays perdu…
L’autoroute porte un joli nom. Le paysage est beau. La Twingo ronronne. Carla fait la lecture. Lit à haute voix les premières pages du livre de Pierre Jourde. Elles inspirent notre itinéraire. Vont nous guider sur la route. Permettre la pénétration du haut pays. Jusqu’au hameau repéré sur la carte. Le hameau perdu. "Un lieu, stipule l’auteur, que l’on n'atteint qu’en se perdant”. Ajoutant : “Il n’y a rien à y faire. Rien à y voir. Personne n’a de raison d’y aller. Pas non plus de possibilités de le traverser. Un cul de sac”. C’est là que nous nous rendons, Carla et moi, non sans frémir. Le parcours s’annonce difficile. Les routes vicinales qui serpentent sont étroites. “Au néophyte, écrit Pierre Jourde, on doit des explications détaillées. On va de ramification en ramification. On emprunte toujours la branche secondaire, la moins évidente, celle qui monte.” Un voyage scabreux vers le rien. Etrange objet du désir....
Objet que nous n’atteindrons pas. Car le mois de mai apprenons-nous, mais trop tard, est le temps de l’estive. De la transhumance des troupeaux. Ils montent des régions limitrophes, envahissent les hauteurs. De ce fait, dans les bourgs, il n’y a plus de place à l’hôtellerie. C’est la raison pour laquelle, Carla et moi, ne sommes jamais partis pour le Cézallier. Les lignes qui précèdent ont été écrites avant, à demeure. Pendant la préparation du projet. Car un voyage, n’est-ce pas, commence avant le voyage. Y compris le voyage qu’on ne fera pas.
Il y a une morale. Elle modifie le proverbe. En mai, disons-nous désormais, fais ce que tu peux. En vertu de quoi, Carla et moi, nous sommes allés à Pontgibaud. (Vous savez où se trouve Pontgibaud ?). Mais il s’agit là, mes frères, d’une toute autre histoire...
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