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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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Après-midi d'un faune

Intime

 

Après-midi d’un faune

 

            Et qu’as-tu fait dis-moi de ton après-midi ?

            J’ai poussé la porte de ma case aux tons bleus. Je me suis mis sous la soupente. Le ciel était de Provence. J’ai épousé l’ondulation de la méridienne en rotin, importée du Cambodge. Il faisait bon. Un bijou d’argent traçait un trait dans l’azur. Ce jour, dans sa transparence était l’un des plus beaux de l’été. L’herbe brillait sous le soleil. J’ai regardé l’herbe, la courbe élégante des hauts brins à portée de la main. Sur un fil, haut perchées, alignées comme des hirondelles, des pinces à linge s’entretenaient d’un envol pour la terre africaine. Au pied du pilier rustique, construit de grosses pierres (dont l’une évoque une face d’homme) un petite grille interdisait symboliquement le vent. Celui-ci, avec mollesse, tâtonnait la profusion du feuillage. Une masse opulente aux essences diverses. Les feuilles en caoutchouc d’un énorme figuier, qu’aimait peindre Matisse, se balançaient avec volupté. Voisine, la branche hautaine d’un cerisier sauvage, jaillie du contrebas, faisait du sémaphore. J’ai observé longuement le scintillement d’un tremble. Suivi des yeux, sur le sol, le cheminement d’un lézard gris. Aperçu les zigzags aléatoires d’une escouade de mouches. Un papillon m’a visité. Suivi de peu d’un bourdon en maraude. Puis il y a eu sur le chemin le petit claquement des tongs. Alors j’ai vu passer Carla, jouant les lavandières, les bras chargé de linge. Sur le fond sombre des chênes verts s’est détachée sa silhouette, environnée de lumière. Etais-je un faune, un roc, un esprit végétal ? La joie, dirait peut-être Philippe Val, après Spinoza, est d’avoir conscience de la conscience du plaisir qu’on partage. A l’unisson de la nature, embellie de soleil, doucement caressée par le vent, j’ai laissé monter en moi, cet après-midi, le contentement d’être.

 

                                                                                                       Bouzique

                                                                                                     20 juillet 2008 

                                           o 

 

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