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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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"Tu n'es que poussière"....

                                                                                                                              Religion

  

“Tu n’es que poussière….”

 

            “Tu n’es que poussière, tu retourneras en poussière”. Ces mots, inspirés de la Bible, sont devenus dans nos contrées une sorte de dicton. Un lieu commun dont on use en hochant la tête, pour dire : Hé oui, mon bon, nous sommes bien peu de choses. Sous-entendu : le malheur est notre lot. Ainsi va le monde. Ce recours à l’universel dégage du sens, console un peu, conforte le lien.

            Dans le livre de l’Ecclésiaste, le Qohelet est plus âpre : “…la supériorité [de l’homme] sur la bête est nulle…tous deux viennent de la poussière et retournent à la poussière. Tout est vain” (3,13). Le Qohelet, la chose est manifeste, en a gros sur le cœur. On sent chez lui la colère. Il profère : “Je déteste la vie. Ce qui se fait sous le soleil me déplaît. Tout est vanité et poursuite du vent” (3,17). Il en tire une philosophie : “Il n’y a de bonheur que dans le boire et le manger. Et dans le bon temps que l’on prend au travail.”(3,24). Il s’agit bien sûr du travail d’alors. Auquel il ajoute (en 8,15) : “Le plaisir”.

            La pensée d’Epicure, à coup sûr est passée par là. Celle de Démocrite également (le premier des matérialistes). Et celle aussi de Pyrrhon, le sceptique ; “Qui conduira l’homme à voir ce qui se trouve après ?”(3,22). Une parole sceptique, épicurienne ? Une croyance matérialiste dans les Saintes Ecritures ? Pas tout à fait. Le Qohelet est prudent. Il feint, comme Job, de faire allégeance à Dieu “Qui dirige tout” (11,5).

            N’empêche. La pensée matérialiste contemporaine se coule comme chez elle dans la philosophie de l’Ecclésiaste. Notre corps, pour elle, est poussière. Il provient de la poussière. Retourne à la poussière. Notre langage est fruit de la poussière. Tout comme notre pensée. Finir en poussière, comme on a commencé, le sage n’en fait pas un drame. Et Georges Brassens, le futé, prend sa guitare et chante :

                                         “J’aurai  jamais plus mal aux dents”…

                                        o 

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