Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Société
La valse à mille temps
“Sous le soleil, dit le Qohelet, il y a un temps pour toutes choses”. Oui, encore le livre de L’Ecclésiaste. Auquel j’emprunte, sur le thème du temps, les versets qui suivent :
“Il y a un temps pour enfanter, et un temps pour mourir
Un temps pour planter, un temps pour arracher
Un temps pour gémir, et un temps pour danser
Un temps pour garder, un temps pour jeter
Un temps pour se taire, un temps pour parler
Un temps pour la guerre, un temps pour la paix.”
La conclusion est désabusée : “Quel intérêt a-t-on à la peine qu’on prend ?” (Ec 3, 1-12). La problématique cependant est simple. Il y a un temps. Un même temps, composé de moments différents, successifs. Aujourd’hui nous dirions qu’il y a des temps. Des temps multiples, simultanés, qui interfèrent et se bousculent.
Il y a le temps immobile du croyant, celui du scientifique
Le temps du chronomètre, celui de l’organisme
Le temps de la mémoire, celui de l’Histoire
Le temps que l’on gagne, le temps que l’on perd
Le temps qu’on prend, celui qu’on tue
Le temps du blé qui pousse, celui de l’homme qui courre
Le temps de l’ordinateur, celui de l’homme assis à l’ombre du térébinthe. Etc…
Il y a dix temps. Il y en a cent. Et même Jacques Brel chantait “La valse à mille temps”. Difficile à danser.
Nous vivons aujourd’hui la discordance des temps.
Sauf à se tenir “Debout, dans le courant du fleuve”.
o