Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

Publicité

Le Clézio, Le Nobel

                                                                                                                                Littérature

 

                         Le Clézio, le Nobel

             Dans le milieu littéraire la bataille est vive : convenait-il de décerner le prix Nobel à J.M.G. Le Clézio ? Un certain Frédéric-Yves Jeannet ouvre le feu dans le Journal Le Monde. Il soutient que non. Un autre professeur et romancier, Alain Mabanckou, qui enseigne en Californie, lui répond que si. La pétarade sans nul doute va se poursuivre.

            Je ne prendrai pas parti. Je n’ai jamais lu qu’un livre de Jean-Marie Gustave Le Clézio, le premier, Le Procès-verbal, paru il y a 40 ans. Aucun souvenir. Si ce n’est que sa facture m’avait paru nouvelle et que le roman m’avait bien plu. Pas assez sans doute pour m’inciter à lire les suivants, dont Désert, que l’on dit le meilleur.

            Ce qui me frappe dans la dispute, c’est la malléabilité des arguments. Ou plutôt, je corrige : la fragilité des exemples qui les illustrent. Le premier critique écrit par exemple : “Ce qui fait l’universalité de Duras, c’est un ineffable, une phrase du type : “Chaque jour on regardait ça : la mer écrite”. Or là, je pouffe. Et le second a quelque raison de lui rétorquer : “qu’on ne mesure pas l’universalité d’une œuvre [par une phrase retirée d’un contexte ou] par un incipit”.

            En revanche lui-même s’extasie devant “la formule du grand poète Tchicaya U Tam’si”, lequel évoque “un pays de musique inaccessible à toute oreille”. Et là aussi je pouffe. Comment le grand poète peut-il donc entendre, lui, la musique ?

            L’idée pourtant de la musique en littérature, me paraît essentielle (rythme, sonorités). L’un et l’autre en parlent insuffisamment. L’un et l’autre cependant s’affligeraient devant une phrase comme celle-ci, telle que celle-ci, si couramment décriée: “La marquise sortit à cinq heures.” Je la trouve pour ma part très jolie. Elle vaut bien l’incipit de Proust, tant célébré : “Longtemps, je me suis couché de bonne heure…” Serais-je mauvais coucheur ? 
                                                                          o

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article