Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
La 308 CC
Ploum, qui ne voit jamais la publicité (croit-il) tombe en extase devant une image. Sous ses yeux, dans la pénombre d’un bois au soleil couchant : un cabriolet blanc, deux places. Une ligne parfaite : élégante, fonctionnelle, classique. Un chef-d’œuvre du design. Enfin une auto dont la forme s’éloigne de celle qui a cours et s’inspire prosaïquement de la pomme de terre.
Depuis l’apparition de l’Espace (premier modèle) et du nez mutin de la Twingo (premier modèle également) Ploum n’avait éprouvé pareille émotion. L’émotion esthétique dont nous privent depuis quelque temps le vêtement des femmes, l’architecture, et les facéties roturières de l’art contemporain.
Après la Twingo bleu Éole et l’Espace, dues au constructeur Renault, Peugeot se paie ainsi le luxe de nous offrir une réussite. Sa décapotable 308 CC est une merveille. Une voiture de rêve. A bord, Ploum y voit déjà flotter la longue chevelure d’Olga. Y entend le rire de Carla, l’heureuse épouse du marquis, toujours prête à partir pour la folle équipée.
Va-t-il jeter sa petite Smart à la casse, voiture mode facile à ranger, mais laide comme un poux ? La tentation est grande. Au demeurant la charité, aujourd’hui, ne consiste-t-elle pas à relancer l’industrie ?
Devant l’image de la pub, Ploum médite longuement. Voyage sur les routes de France et d’Europe. S’aventure avec prudence jusqu’aux contreforts de l’Oural, puis songe à s’acheter un vélo.

o