Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Ploum/Société
Catalogue “Haute Technologie”
“Gilet de luxe pour vrai globe-trotter”. Ploum se sent concerné. Il envisage de faire une folle équipée (peut-être, ce n’est pas sûr, en compagnie d’Olga). Et l’on ne s’aventure pas sur le plateau sauvage du Larzac sans l’équipement minimum, de préférence high tech. Sous ses yeux, les pages du catalogue (papier glacé) le font saliver. Pour passer commande, il prend des notes, numérote, et chaque fois, commente d’un mot.
- 1- “Chapeau jamais mouillé.” – Intéressant, se dit-il.
- 2- “Lunettes de soleil à caméra incorporée.” – Il fallait le faire.
- 3- “Sandale de trekking et mule dans le même soulier ; protection des orteils révolutionnaire.” – C’est tout à fait ce qu’il me faut.
- 4- “Bracelet anti-insectes aux substances odorantes naturelles.” – Je respire. Mort aux mouches !
- 5- “Trousse de toilette qu’on peut accrocher ou poser.” – Que l’on peut également ouvrir suppose-t-il.
- 6- “Parapluie hydrofuge (..) visible dans l’obscurité.” – Ah ! Ah ! Auquel il préfère
- 7- “Le parapluie le plus plat du monde.” – Pour se préserver de la foudre, vraisemblablement, et non de la pluie.
- 8- “Gants à pomme de terre.” – Cela paraît indispensable.
- 9- “Batteur manuel idéal pour les petites tâches. Fonctionne sans effort.” – Enfin, tant mieux.
- 10- “Arme efficace pour combattre les taupes.” – Bonne idée, il n’y avait point pensé.
- 11- “Dispositif qui arrête les aboiements.” – C’est la moindre des choses.
Mon Dieu, pense Ploum, comment faisaient les gens jadis ? Il s’émerveille. Le frappe l’intelligence, le sens pratique de son époque. Le soin qu’elle prend des pauvres humains. S’imagine aux côtés d’Olga dans la sauvagerie du Causse, sous un parapluie plat. Couvert d’un chapeau qui ne se mouille pas. Portant des lunettes à caméra incorporée. A son poignet un bracelet odorant anti-guêpes, etc. Et dans son sac des gants à pomme de terre. C’est à se réjouir de vivre en ce monde, se dit-il.
A la lecture de la dernière publicité, toutefois, Ploum entre dans une méditation profonde. “Disposez, lui propose-t-on, du film des dernières heures de votre trajet”.
Tous comptes faits, Ploum ira nager, nu, un soir, au Parc de Miribel-Jonage.
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