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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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La phrase qui tue

                                                                                                                           Ploum/Société

 

La phrase qui tue

 

            Dans notre démocratie marchande, observe Ploum, il existe deux sortes de slogans. Le  publicitaire et le politique. Le premier séduit, le second frappe. Dans les deux cas l’image est requise. L’image est le matériau ordinaire de ce que l’on nomme aujourd’hui la communication.

            L’homme politique explique peu. Il ne démontre pas. Il communique. La charge utile de son dire est la petite phrase. La phrase qui percute. Il la trouve lui-même ou, le plus souvent, on la lui fourbit. Des officines s’y emploient. Pour être opérante, la petite phrase meurtrière ne doit pas seulement frapper. A l’exemple du slogan publicitaire, elle doit dans le même temps séduire et amuser. Provoquer des gorges chaudes. Mettre les rieurs de son côté. Dans l’art du maniement de la phrase explosive, estime Ploum, les dirigeants actuels sont passés maîtres.

            Il vient d’entendre l’un deux. Ne sait qui. Du propos, il a seulement retenu l’intention. Il s’agissait de dissuader l’électeur hésitant de rejoindre le Modem. D’une voix suave –car il faut une voix– le dirigeant UMP se posait humblement une question. Une question simple. Quelle utilité y aurait-il, se demandait-il, “à servir de béquille à un parti moribond ?”. Quel parti ? Le PS ? –Assurément. Mais également le Modem.

           La béquille d’un parti moribond !” s’extasie Ploum. Voilà ce qui s’appelle un trait –drôle, élaboré, sonore, meurtrier à souhait. Percutant du même coup l’électeur, le Modem, et le PS. De la belle ouvrage. On tue bien n’est-ce pas les chevaux.

            Cependant le PS, bien que souffrant, n’est pas encore tout à fait  mort. Le fût-il ? On a vu des résurrections. De surcroît des retours de bâton. “Dieu nous préserve, soupire Ploum, de devoir attendre longtemps !”. Si longtemps qu’un jour (l’UMP ayant trop duré) un jeune éléphant rose ne se trouve en position de retourner le trait. Ne parle de l’UMP, séchant une larme, comme d’un “bâton dans la main d’un vieillard”.

           Qui tue par le slogan mourra par le slogan” se console Ploum. –Là encore un slogan ?
                                         o 

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