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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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"Entre les murs".

                                                                                                                       Cinéma
Laurent Cantet

“Entre les murs” (film)

 

            Elles m’ont traîné au cinéma. Pour y voir “Entre les murs”. Le film dont on parle. Je me montrais rétif. (Tapage publicitaire dissuasif. Relents de démagogie collégienne). Et puis, il y a deux ans, j’avais lu le livre de François Bégaudeau. Je l’avais trouvé bien. M’étais fait, le lisant, mon petit cinéma. Ça m’avait plu. Message reçu. J’avais mon compte. Qu’allait y ajouter le film de Cantet ? -–Les jeunes acteurs sont parait-il remarquables”, insiste Carla. “Je dispose de places à prix réduit”, soutient Joëlla. Là je craque. “Etre radin, me confiait Ploum l’autre soir, est tendance.”

            J’ai vu le film. En suis sorti ronchon. Le livre de Bégaudeau parlait principalement de pédagogie. Le film parle de problèmes de discipline. Content tout de même de pouvoir en débattre. On peut trouver à dire des choses justes sur une figure fausse. J’ai appris ça en classe de math.

            Au sortir de la séance, le film laisse une impression forte. Celle que la structure d’enseignement enferme élèves et professeurs “entre les murs”, dans un rapport de violence inouï. Deux camps sur la défensive. Chacun menacé par l’autre. Il n’y a plus de “maîtres”. Les jeunes ne font plus confiance aux adultes. Les élèves aux professeurs. Ils ne comprennent pas ce qu’on leur veut. L’imparfait du subjonctif, pourquoi faire ? Une parole éloquente conclut le film : “Je ne comprends pas, monsieur, ce que l’on fait ici.”. Parole à méditer.

            Les enseignants de leur côté ne savent plus “ce que l’on fait ici”. Doutent qu’ils sont là pour enseigner. Se montrent d’une bonne volonté désarmante. Ce qui frappe (si l’on peut dire) est leur timidité timorée.

            Si telle est l’idée générale que le réalisateur a voulu diffuser, il y est parfaitement parvenu. Sauf qu’il y est parvenu sur la base d’un document faux. Le film se présente comme un documentaire. Un documentaire qu’il n’est pas. Elèves et professeurs, chacun dans leur registre, en font trop. Ils font du cinéma. Autrement dit les jeux sont pipés. Il y a maldonne.

            Ce film fait trop de cinéma pour être un bon documentaire. Se veut trop documentaire pour faire du bon cinéma. Sa palme d’or m’étonne. Il a le mérite de donner à penser.

                                          o

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