Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Par Le marquis de St-just
Art
Concert
Deux longs tubes en laiton. Deux souffleurs derrière, immobiles. Le premier commence. Un souffle de vent dans les feuilles. Il se prolonge, s’affine, tourne lentement à l’aigu. Une ligne sonore qui tend vers l’infini. Une trace de silence. Horizon d’une plaine. Appel désespéré d’un camp. Désolation. Pof ! Juste un Pof. Un pet qui tombe de l’autre sax. Une bouse. Une tache noire à la Miro. Une ponctuation.. Un cri. Le hurlement métallique de rails parallèles. Ça brille, ça grince, ça chuinte. Soudain l’animal est là. Le cobra crache son venin. Puis ça feule, ça féline, et ça jette des coups de griffes. Les perroquets jacassent. Staccato à deux voix des cacatoès. Partition virtuose qui paraît écrite. Ça tourne à la scène de ménage. Ça se chipote. On rit. En plus c’est beau. On a envie de rentrer dans le concert. D’y ajouter de la matière sonore. A prendre part au modelage. On peut y aller. Tout est possible. On est au commencement du monde. A l’origine de la musique. Inouï ce que l’on peut obtenir d’un sax. De l’invention pure. On applaudit.
Merci à Michel Doneda et François Dumont d’Ayot. Des musiciens contemporains de la table rase. C’était un soir, fin novembre, à Lyon. Il faisait froid. Il pleuvait. Dix personnes dans la salle. Nous sommes ressortis chauds.
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