Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Littérature
Vladimir Pistalo
« Millénaire à Belgrade »
Phébus, 2008
Comprendre Belgrade. Intérioriser ce qu’à dû vivre le peuple serbe après la mort de Tito : La dislocation d’une nation auréolée de prestige, la Yougoslavie. Et du même coup l’écroulement des piliers d’un habitat mental. Urgence pour nous de comprendre un pays balkanique, destiné à prendre une place entière dans l’Union Européenne. La lecture de « Millénaire à Belgrade » (dont la critique au demeurant faisait grand cas) à mes yeux s’imposait.
Trop avide, trop centré, trop géopolitique, ce désir ne nourrissait pas la meilleure disposition pour aborder la lecture de ce livre. Une œuvre romanesque où le sort des personnages, le drame de leurs relations et le tourment du narrateur occupent le premier plan.
La désintégration des liens qui unissent le groupe d’amis est cependant en rapport direct avec la réalité de la société politique qui se désagrège dans les larmes et le sang. Le narrateur, qui est historien, a raison d’écrire : « Ce livre est un roman sur les personnages qui, pour moi, étaient Belgrade. »
Une ville, une nation, ce sont des gens. Des gens multiples. Aucun ne vit le drame de son pays et le sien propre de la même façon. Lorsque l’on commence à dire Les Serbes, Les Croates ou Les Bosniaques, on est guetté pas le fascisme. Et « L’idée d’une responsabilité collective est un principe fondamental du fascisme ».
Une parole qu’il fallait entendre.
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