Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Par Le marquis de St-just
Gens
J’ai trahi Sylvaine
J’ai un sentiment, je le confesse, pour les coiffeurs. Quand ils exercent avec cœur leur métier ils travaillent au moral de la France. Cela est vrai aussi pour les coiffeuses. Relisez le portrait que j’ai fait de l’une d’elles, dans “Visite à Sylvaine”. Vous en aurez la preuve. La coiffure est une pratique sociale de haute nécessité.
J’ai pourtant trahi Sylvaine. Non que sa prose en soit venue à me raser, comme on dit. Ou même à me défriser. Ou que, me tenant sous sa coupe, elle m’ait mis un jour la tête au carré. (Ce qui nous eût conduit, au pire, à en venir aux mains. A nous flanquer l’un à l’autre une solide peignée). Tout ceci, j’en conviens, fort tiré par les cheveux.
Mais non. Nul démêlé, nul différend épineux ne s’est hérissé entre nous. Au contraire avons-nous fait jusqu’au bout bon ménage. Et sommes-nous restés de mèche, au propre et au figuré. Ajouterai-je, pour être honnête, que la lumière de sa peau de bébé, et la grâce de son corps de trente ans demeuraient à mes yeux une image stimulante ?
Dans notre séparation, Sylvaine ne fut pour rien. Jerphanion seul, mon notaire, en est la cause. J’ai dû déménager. Etablir ailleurs mes quartiers. Et c’est là, je vous l’annonce, que j’ai épousé Giovanni.
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