Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.
Par Le marquis de St-just
Ploum/Société
Le cœur a ses raisons
La police est sur les dents. Qu’arrive-t-il ? “La manif”, répond Guilaine, sur le qui-vive, montrant les griffes. Ploum aime beaucoup Guilaine. Il est sensible à son charme, à sa voix, ses cheveux blonds, ses yeux noirs. Elle est en outre une fille droite, ponctuelle, consciencieuse, efficace. Une collègue irréprochable. Mais redoutable, lorsqu’elle se sent menacée.
Elle ressemble alors à Gilberte, la chatte tigrée qui lui tint naguère compagnie, quand il était étudiant. Elle devenait féroce lorsque Fritz, le matou du voisin, approchait de son aire. C’était alors une furie. Rien ne pouvait la raisonner. Raisonne-t-on quelqu’un qui a raison ? Que venait faire cet intrus au bord de la fenêtre, la narguant de l’autre côté de la vitre ?
“Pourquoi cette manif” ? S’enquiert Ploum, sentant l’orage sur le point d’éclater. –“Contestation du projet de loi qui punit le citoyen qui vient en aide aux sans-papiers, se hérisse Guilaine. Faut-il se laisser envahir ? Aurait-on le droit de transgresser la loi qui nous protège ? etc. ” Guilaine se sent menacée. De là les arguments qu’elle avance, qui sont le simple bon sens. Ploum reste coi. Ne trouve rien à opposer.
Ou alors, devrait-il lui dire (sans doute l’entendrait-elle ) : Je suis un citoyen français de culture évangélique. Enfant je fus un pauvre, un émigrant, un réfugié. Mon cœur est demeuré de ce côté. Ce cœur a des raisons que la raison ignore. Un cœur de qui naquirent trois notions folles qui humanisent le monde : liberté, égalité, fraternité.
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