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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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"Et mon coeur transparent" (suite)

                                                                                                                             Littérature

 

Véronique Ovaldé

   “Et mon cœur transparent”

  Edition de l’Olivier, 2008

 

            Bibliothèque chez Sidonie en Ardèche, au milieu des marronniers et des chants d’oiseaux. Vous cherchez à vous mettre un livre sous la dent. Vous en trouvez un : “Et mon cœur transparent”, de Véronique Ovaldé. Un auteur dont on parle.

            Perché sur votre échelle vous consultez l’ouvrage. Il a été dédicacé : “A Sidonie, pour ses nuits blanches, mars 2008.”. Vous reconnaissez votre écriture. “Ah bon” dîtes-vous. Vous tournez les pages. Des petites marques au crayon, très spécifiques, vous sautent aux yeux. Votre griffe. Vous avez déjà lu ce livre. Avec soin. Aucun souvenir. Vous en avez même composé, vous rappelle Carla, un petit compte-rendu. Vous encaissez le choc. Cette déconvenue vous est familière. Votre amnésie. Une amnésie chronique, depuis l’enfance. Qui vous faisait passer pour cancre. Ou paresseux. Sans laquelle, vous consolez-vous, vous auriez aujourd’hui une chaire au Collège de France. Rien moins.

            Revenus d’Ardèche, Carla exhume votre texte. Il est court le voici : 

            “Ce petit livre un peu long vient d’obtenir le prix France Culture-Télérama. Il est l’œuvre légère d’une jeune femme visiblement sympathique (on voit son portrait partout) –douée d’une plume alerte et facétieuse. Sûrement a-t-elle lu Boris Vian. La phrase qui ouvre le récit donne le ton : “La femme de Lancelot est morte cette nuit”. Le nom de Lancelot empêche que l’on porte le deuil. Lancelot, d’ailleurs on l’appelle Paul. L’histoire qu’elle nous conte, tendre, insolite et cocasse, constituerait un bon scénario de bande dessinée, ligne claire. Délectation garantie pour une jeune fille qui voyage en train et retourne le week-end chez sa mère. Non sans méditer la phrase inscrite au coeur de l’ouvrage : “Sait-on jamais avec qui l’on vit ?” Où s’avère qu’une fable peut ouvrir une question féconde. De celles que l’on pose quelquefois trop tard. Véronique promet                                                                                      Mars 2008

            Mon Dieu ! Présenter cet ouvrage comme un livre pour fillette ! Le rouge de la honte vous monte au visage. Tel Lancelot (le héros candide) vous n’avez rien vu. Du moins rien retenu, sous la légèreté du ton, de la critique acerbe. De la désolation. Du tragique. Véronique Ovaldé, telle Irina son héroïne, vous a subjugué. Son livre, à le bien lire, est une bombe. De celle que l’on fabrique distraitement, laissant parler les mots, quand ceux-ci à votre insu ont le cœur gros.

            Mésaventure d’un lecteur au cœur transparent ? D’un lecteur, en tout cas, dont la sûreté du premier jugement ne l’aurait jamais conduit au Collège de France.
                                            o

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