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Un regard ironique sur soi-même les choses et les gens plus recension de livres.

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Ploum politologue

                                                                                                                           Ploum/Société

 

Ploum politologue

 

            L’Europe a voté. Elu ses représentants au Parlement Européen. Ploum se plonge dans la lecture du journal. Examine le cercle colorié où sont portés les résultats du scrutin. Ce genre de graphique, dans notre pays, s’appelle un camembert. On est en France ou on ne l’est pas.

            La droite s’est appropriée la plus large part du fromage. La gauche, elle, n’a pas osé. N’a pas pu. N’a pas su. Ou n’a pas voulu tirer partie de la crise actuelle du capitalisme. L’occasion de s’imposer pourtant était belle. C’est là le premier constat. Le second constat réside dans le taux élevé de l’abstention (60 %). Six Européens et Six Français sur dix sont restés sous la couette. L’Europe ne les concerne pas. Ne les touche pas.

            Ne pas leur en faire grief. Leur moi a ses limites. Est un moi à capacité restreinte. Se dilate dans le meilleur des cas jusqu’à la dimension nationale. Mais seulement à l’occasion d’un match de foot. Ils n’ont pas le moi européen. De le faire naître, leurs dirigeants se soucient comme d’une guigne.

            Ploum se penche à présent sur le cas national. S’interroge sur la configuration actuelle de l’opinion française. Se rappelle l’indétermination où il se trouvait avant les élections. Ce souvenir suscite en lui une petite intuition. Qu’il faille sauter hors du lit pour aller voter était chose évidente. L’Europe avait besoin de nous comme nous avons besoin de l’Europe. Voter donc. Mais pour qui ? Là se trouvait l’indécision. Ploum consulta.

           Pour Cohn-Bendit”, avait avoué Pédro. Ajoutant : “C’est la première fois”.

            Pour Bayrou”, avait confessé Joëlla. Elle votait jusqu’ici socialiste. Arnold, lui, semblait perplexe. N’était nullement certain de voter à nouveau pour Martine. Ploum, bien avancé. Aurait dû appeler Marc-Antoine (Marc-Antoine de la Sarazinière, homme au jugement droit).

            L’intuition de Ploum, savez-vous, était celle-ci : l’opinion française, venue de la droite comme de la gauche, n’aurait-elle pas glissé vers le Centre ? Ne serait-elle pas aujourd’hui, sans trop oser le déclarer, massivement socio-libérale ? Le reconnaître –si la sociologie le confirme– permettrait-il au P.S. de retrouver ses marques ? De retrouver ses mots ? Qu’en dirait Marc-Antoine ?

            En tous cas, en parler à Olga.
                                                                             o

                                                          
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Marc-Antoine a décidé d’écrire à la troisième personne. Après tout, il a bien le droit, lui qui a accompagné César dans de longues et difficiles campagnes. <br /> Campagnes électorales ? Que nenni ! Celles-ci étaient sanglantes, marquées du sceau du pillage, des viols, des meurtres. <br /> Celles-ci étaient européennes : on allait étriper le Germain, chasser l’Helvète, zigouiller l’Arverne et étrangler son chef. <br /> Les temps ont changé : les campagnes se règlent à coups de meetings électoraux et de bulletins de vote. Cependant, il y a une constante : <br /> En quarante avant JC, on ne demandait pas son avis au soldat : il devait obéir, un point c’est tout. <br /> En 2009 après le même, les Européens n’auraient-t-ils pas le même sentiment ? Qu’on a décidé pour eux, et que, derrière cette image d’unité au symbole qui ne laisse pas de m’émouvoir, se cache une classe dirigeante qui nous serine que les salut se trouve dans le libéralisme et les privatisations à outrance. <br /> Ce qui inquiète le plus Marc-Antoine, c’est que plus personne ne croit que le salut vient de la gauche et se réfugie derrière un cri d’alarme : « ET LA PLANETE, ALORS !! » - Du moins pour ceux qui ne sont pas restés sous la couette. .. <br /> De plus, c’était le moment de se lâcher électoralement dans l’isoloir sans risque d’avoir Le Pen au second tour. Je suis sûr que ça a joué. En tout cas, ce fut une partie de mon raisonnement. <br /> Et puis, si le PS glisse au centre et se renforce par cet artifice, il ne fait aucun doute pour moi que la bipolarité du type républicains/démocrates qui s’installerait serait un obstacle à tout changement de société et par conséquent nous mènerait droit à la catastrophe car toute mesure serait prise trop tard. C’est peut-être le message qu’ont voulu faire passer ceux qui ont voté pour la bande à Dany. <br /> J’adresse mes plus profonds respects au Marquis de Saint-Just et envoie tout mon affection à Carla, Olga et les autres.
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Marc-Antoine a décidé d’écrire à la troisième personne. Après tout, il a bien le droit, lui qui a accompagné César dans de longues et difficiles campagnes. <br /> Campagnes électorales ? Que nenni ! Celles-ci étaient sanglantes, marquées du sceau du pillage, des viols, des meurtres. <br /> Celles-ci étaient européennes : on allait étriper le Germain, chasser l’Helvète, zigouiller l’Arverne et étrangler son chef. <br /> Les temps ont changé : les campagnes se règlent à coups de meetings électoraux et de bulletins de vote. Cependant, il y a une constante : <br /> En quarante avant JC, on ne demandait pas son avis au soldat : il devait obéir, un point c’est tout. <br /> En 2009 après le même, les Européens n’auraient-t-ils pas le même sentiment ? Qu’on a décidé pour eux, et que, derrière cette image d’unité au symbole qui ne laisse pas de m’émouvoir, se cache une classe dirigeante qui nous serine que les salut se trouve dans le libéralisme et les privatisations à outrance. <br /> Ce qui inquiète le plus Marc-Antoine, c’est que plus personne ne croit que le salut vient de la gauche et se réfugie derrière un cri d’alarme : « ET LA PLANETE, ALORS !! » - Du moins pour ceux qui ne sont pas restés sous la couette. .. <br /> De plus, c’était le moment de se lâcher électoralement dans l’isoloir sans risque d’avoir Le Pen au second tour. Je suis sûr que ça a joué. En tout cas, ce fut une partie de mon raisonnement. <br /> Et puis, si le PS glisse au centre et se renforce par cet artifice, il ne fait aucun doute pour moi que la bipolarité du type républicains/démocrates qui s’installerait serait un obstacle à tout changement de société et par conséquent nous mènerait droit à la catastrophe car toute mesure serait prise trop tard. C’est peut-être le message qu’ont voulu faire passer ceux qui ont voté pour la bande à Dany. <br /> J’adresse mes plus profonds respects au Marquis de Saint-Just et envoie tout mon affection à Carla, Olga et les autres.
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